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Chiffre d’affaires d’une micro-entreprise en 2026 : 203 100 € en vente, 83 600 € en services

Benjamin Petit 7 min de lecture
Chiffre d'affaire micro entreprise 2026 : plafond ventes et services

En 2026, le chiffre d’affaires maximal d’une micro-entreprise est fixé à 203 100 € HT pour les activités de vente et à 83 600 € HT pour les prestations de services. Ces plafonds déterminent le maintien du régime micro, mais ils ne correspondent pas aux seuils de franchise de TVA, qui sont plus bas. Nature de l’activité, date de création et évolution des recettes sur deux années consécutives : voici les repères à suivre pour éviter une mauvaise surprise.

Les plafonds de chiffre d’affaires à respecter en 2026

Le plafond applicable dépend de l’activité réellement exercée. Il se calcule à partir du chiffre d’affaires encaissé hors taxes pendant l’année civile. Le bénéfice, les devis signés et les factures émises mais non réglées ne servent donc pas de référence.

Calcul du plafond proratisé 2026

Estimez le plafond de chiffre d’affaires applicable à votre première année civile d’activité.

Nature de l’activité

Les montants sont exprimés en euros HT.

Le jour de début est inclus dans le calcul.

Résultat

Nombre de jours d’activité 365 jours

Formule : plafond annuel × nombre de jours d’activité ÷ 365.

Repères de seuils de TVA

    À noter : ce calcul concerne la première année civile et prorata temporis le plafond annuel. Les seuils de TVA obéissent à une logique distincte et ne sont pas proratisés par ce calcul.

    Nature de l’activité Plafond annuel du régime micro en 2026
    Vente de marchandises, objets, fournitures ou denrées à emporter ou à consommer sur place 203 100 € HT
    Prestations de services commerciales ou artisanales, activités libérales BNC et hébergement 83 600 € HT
    Activité mixte 203 100 € HT au total, dont 83 600 € HT au maximum pour les services

    Une activité mixte impose deux contrôles

    Une activité mixte associe, par exemple, l’achat-revente de produits et une prestation de pose, de conseil ou de réparation. Dans ce cas, le chiffre d’affaires global doit rester inférieur ou égal à 203 100 € HT. La part correspondant aux prestations de services doit également rester sous 83 600 € HT.

    Le total ne suffit donc pas. Les recettes doivent être ventilées par activité dès la facturation, puis suivies séparément. Cette méthode permet de repérer une hausse des services avant qu’elle ne fasse dépasser leur plafond spécifique. Un tableau mensuel avec une colonne « ventes » et une colonne « services » offre un suivi simple et utile.

    Plafond micro et franchise de TVA : deux seuils différents

    Le plafond du régime micro répond à une question : l’entreprise peut-elle conserver ce régime fiscal ? La franchise en base de TVA répond à une autre : l’entreprise doit-elle facturer et reverser la TVA ? Une micro-entreprise peut donc rester sous le régime micro tout en devenant redevable de la TVA.

    Activité Seuil limite de franchise de TVA Seuil majoré de TVA
    Vente de biens 85 000 € HT 93 500 € HT
    Prestations de services et hébergement 37 500 € HT 41 250 € HT

    Les seuils de TVA sont donc inférieurs aux plafonds du régime micro. Un consultant qui dépasse 37 500 € HT de recettes doit examiner ses obligations de TVA, alors qu’il reste sous le plafond de 83 600 € HT applicable à son régime micro. De même, un commerçant peut devoir adapter sa facturation avant d’atteindre 203 100 € HT.

    Ce que cela change sur les factures

    Tant que la franchise en base s’applique, les factures ne comportent pas de TVA et doivent mentionner l’exonération correspondante. Lorsque l’entreprise devient redevable, elle doit appliquer la TVA selon les règles liées au franchissement du seuil limite ou du seuil majoré, modifier ses factures et effectuer les déclarations nécessaires.

    Elle peut toutefois conserver le régime micro si son chiffre d’affaires reste sous le plafond correspondant à son activité. Il faut donc suivre deux indicateurs distincts : les recettes prises en compte pour la TVA et le chiffre d’affaires retenu pour l’éligibilité au régime micro. L’obligation de facturer la TVA ne signifie pas automatiquement la fin de ce régime.

    Création en cours d’année : calculer un plafond proratisé

    Lorsqu’une activité débute en cours d’année, le plafond annuel n’est pas entièrement disponible. Il est calculé au prorata temporis, selon le nombre de jours d’activité compris entre la date de début et le 31 décembre.

    La formule est la suivante : plafond annuel × nombre de jours d’activité / 365. La date à retenir est la date effective de début d’activité déclarée. Ce n’est pas nécessairement la date du premier client ni celle de la première facture encaissée.

    Deux exemples pour rendre le calcul concret

    Une activité de prestations de services qui commence le 1er mars 2026 est exercée pendant 306 jours. Le plafond s’élève donc à 83 600 € × 306 / 365, soit 70 087 €. Ce montant remplace le plafond annuel de 83 600 € pour la première année.

    Pour une activité de vente créée le 1er avril, l’activité couvre 275 jours. Le plafond proratisé atteint alors 153 020 €. Pour une prestation de services commencée à la même date, il s’élève à 62 986 €. À partir de l’année civile suivante, les plafonds annuels complets redeviennent applicables.

    Le calcul mérite une attention particulière pour les activités saisonnières ou les lancements en fin d’année. Une création tardive réduit la période disponible et donc le plafond de la première année. Le rythme d’encaissement peut rester élevé, mais le montant total à ne pas dépasser est plus faible.

    Un dépassement ne produit pas toujours les mêmes effets

    Le dépassement du plafond pendant une seule année ne provoque pas immédiatement la sortie du régime micro. La situation s’apprécie sur deux années civiles consécutives. Cette règle permet de conserver le régime après une hausse ponctuelle, un contrat exceptionnel ou une saison particulièrement favorable.

    1. Première année de dépassement : le micro-entrepreneur conserve le régime micro l’année suivante, sous réserve des autres conditions applicables.
    2. Deuxième année consécutive de dépassement : la sortie du régime micro intervient au 1er janvier qui suit cette seconde année.
    3. Retour sous le plafond : si le chiffre d’affaires repasse sous le plafond l’année suivante, la condition des deux dépassements consécutifs n’est pas remplie.

    Raisonner avec les années N-2, N-1 et N

    Pour suivre sa situation, il faut examiner la chronologie plutôt qu’un seul exercice. Si le plafond est dépassé en N-1, cette année appelle une surveillance particulière. S’il est encore dépassé en N, la sortie du régime intervient au 1er janvier de l’année suivante. En revanche, un chiffre d’affaires revenu sous le plafond en N interrompt la succession des dépassements.

    La TVA suit sa propre logique et peut s’appliquer avant la sortie du régime micro. Lorsque les recettes approchent des seuils de franchise, il faut mesurer l’effet sur les prix, les devis en cours, la trésorerie et le suivi comptable. Une TVA facturée sans avoir été intégrée au tarif ou mise de côté peut réduire directement la marge disponible.

    Préparer la sortie du régime micro sans subir la transition

    Après deux années consécutives de dépassement, l’entreprise individuelle quitte le régime micro. Selon l’activité, l’imposition bascule vers un régime réel simplifié ou normal pour les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), ou vers la déclaration contrôlée pour les bénéfices non commerciaux (BNC). Le régime social évolue également vers le régime de droit commun de l’entreprise individuelle.

    Cette transition demande généralement une comptabilité plus structurée, une séparation rigoureuse des dépenses professionnelles et un suivi plus précis de la TVA. Elle peut aussi permettre de prendre en compte les charges réelles lorsque celles-ci deviennent importantes, alors que le régime micro repose sur un abattement forfaitaire. Avant le second dépassement, il est utile de comparer les recettes, les dépenses, les investissements prévus et la rentabilité.

    • mettez à jour chaque mois votre chiffre d’affaires HT, ventilé par activité ;
    • surveillez séparément les seuils de TVA et les plafonds du régime micro ;
    • conservez une réserve de trésorerie si la TVA devient applicable ;
    • préparez vos obligations comptables lorsque deux dépassements successifs se dessinent ;
    • vérifiez régulièrement les règles auprès de l’Urssaf, de Service-Public ou de l’administration fiscale.

    Les termes auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent aujourd’hui le même statut. Le suivi doit surtout porter sur les recettes encaissées, leur catégorie, leur montant hors taxes et leur évolution d’une année civile à l’autre.

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